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Mettre à jour ses logiciels sans perdre ses données : le guide pratique

Les mises à jour peuvent devenir un cauchemar si vous n'êtes pas préparé. Découvrez un protocole éprouvé, basé sur mon expérience terrain, pour sauvegarder vos données, vérifier leur intégrité et récupérer votre système sans perdre un seul fichier.

Mettre à jour ses logiciels sans perdre ses données : le guide pratique

Vous avez déjà vécu ça, non ? Cette fenêtre qui s'ouvre au moment où vous êtes en pleine concentration : « Une mise à jour est prête à être installée ». Vous cliquez sur « Plus tard », encore et encore. Et puis un jour, vous n'avez plus le choix. La mise à jour s'installe, l'ordinateur redémarre… et là, panique : un logiciel ne s'ouvre plus, vos fichiers semblent introuvables, ou pire, le système plante en boucle.

J'ai passé des années à réparer ce genre de catastrophe, aussi bien sur mes propres machines que sur celles de clients. Et honnêtement ? Dans 80 % des cas, le problème n'est pas la mise à jour elle-même, mais l'absence de préparation. On lance une mise à jour comme on lance un dé, sans filet de sécurité.

Cet article n'est pas un énième tutoriel « cliquez sur Mettre à jour ». C'est un protocole complet, basé sur mon expérience de terrain, pour mettre à jour vos logiciels et votre système d'exploitation sans perdre une seule donnée.

Points clés à retenir

  • Une sauvegarde ciblée est plus fiable qu'une sauvegarde complète de 500 Go : fichiers utilisateur, profils d'applications et exports de paramètres.
  • Vérifiez toujours que la sauvegarde est lisible et intégrable avant de lancer une mise à jour, pas après.
  • Sur Windows, la méthode « réparation in-place » permet de passer à une version majeure en conservant vos programmes et fichiers.
  • Les logiciels qui stockent des données en local (bases, projets, jeux) nécessitent une attention particulière, car leur sauvegarde n'est jamais automatique.
  • En cas d'échec, le protocole de récupération suit un ordre précis : restauration système, rollback de pilotes, puis réparation applicative.
  • La vérification de la compatibilité des logiciels métiers avant mise à jour vous épargnera des heures de dépannage.

La sauvegarde qui compte vraiment : cibler, pas tout copier

On me dit souvent : « J'ai fait une sauvegarde complète du disque ! » Parfait. Sauf que la restauration d'une image système de 500 Go prend une demi-journée, et qu'elle est souvent inutilisable sur un matériel différent.

Ma méthode, rodée après des années d'erreurs, est radicalement différente : une sauvegarde ciblée de ce qui est irremplaçable. Concrètement, voici ce que je vérifie avant chaque mise à jour importante :

  • Les fichiers utilisateur : documents, images, vidéos, mais surtout les dossiers de travail souvent oubliés (Desktop, Documents, mais aussi les projets stockés ailleurs).
  • Les profils de logiciels : les fichiers de configuration, les carnets d'adresses, les signatures email. Par exemple, pour Thunderbird, c'est le dossier « Profiles » ; pour un IDE, c'est le dossier « .config » ou « AppData ».
  • Les exports de paramètres : la plupart des applications sérieuses proposent une fonction « Exporter les paramètres ». Utilisez-la. J'ai vu trop de gens perdre des années de configuration d'outils de développement parce qu'ils ont sauté cette étape.

Mon erreur classique : pendant des années, je sauvegardais uniquement le dossier « Documents ». Puis j'ai perdu une base de données SQLite d'un projet client qui traînait dans « AppData/Local ». Depuis, je fais une check-list par application critique avant chaque mise à jour.

Comment vérifier que votre sauvegarde est réellement utilisable ?

Une sauvegarde que vous ne testez pas n'existe pas. Avant de lancer quoi que ce soit, prenez le temps de :

  1. Ouvrir deux ou trois fichiers restaurés pour confirmer qu'ils ne sont pas corrompus.
  2. Vérifier la date de modification des fichiers les plus importants. Une sauvegarde de la semaine dernière est inutile si vous avez travaillé depuis.
  3. Tester l'intégrité d'une base de données (si vous en avez une) avec l'outil fourni par le logiciel. Par exemple, `sqlite3` avec la commande `PRAGMA integrity_check`.

Si un seul de ces tests échoue, ne lancez pas la mise à jour. Résolvez d'abord le problème de sauvegarde.

Passer de Windows 10 à Windows 11 (ou une mise à jour majeure) sans perdre ses données

C'est LA question que l'on me pose le plus. La bonne nouvelle : Microsoft a prévu un mécanisme pour ça. Il s'appelle la mise à niveau in-place. Elle permet de passer d'une version de Windows à une autre en conservant vos logiciels, vos fichiers et la plupart de vos paramètres.

La procédure, que j'ai appliquée sur des dizaines de machines :

  1. Téléchargez l'outil de création de média (Media Creation Tool) pour Windows 11 depuis le site officiel de Microsoft.
  2. Lancez l'outil et choisissez « Mettre à niveau ce PC maintenant ».
  3. L'outil va vérifier la compatibilité de votre matériel (TPM 2.0, processeur compatible, etc.).
  4. Acceptez les termes, puis laissez l'outil faire son travail. Il va télécharger les fichiers d'installation et les appliquer sur votre système.

L'ensemble prend généralement entre 30 minutes et 2 heures selon la vitesse de votre connexion et de votre disque. À la fin, vous retrouvez votre bureau exactement comme vous l'aviez laissé.

J'ai appliqué cette méthode en 2025 sur un vieux portable de 2018 avec un processeur non listé officiellement. Résultat ? Windows 11 installé, tous les logiciels conservés, et le système fonctionnait même mieux qu'avant.

Ce que je vérifie absolument avant chaque mise à niveau in-place

  • Les logiciels de sécurité : désactivez temporairement tout antivirus tiers (pas Windows Defender). J'ai vu Norton et McAfee faire échouer des mises à jour à cause de conflits de fichiers.
  • Les pilotes personnalisés : si vous avez des pilotes téléchargés manuellement (cartes graphiques NVIDIA, certaines cartes mères), notez les versions. Une mise à jour majeure peut les remplacer par des versions génériques.
  • L'espace disque : il faut au moins 20 Go d'espace libre sur la partition système. L'outil vous le dira, mais autant vérifier avant. Un disque plein est la cause n°1 d'échec de mise à jour dans mon expérience.
  • Les logiciels métiers : si vous utilisez un ERP, un logiciel de comptabilité ou une suite bureautique spécifique à votre entreprise, vérifiez sur le site de l'éditeur si la nouvelle version de Windows est supportée. J'ai perdu une journée entière une fois parce que le logiciel de paie d'un client refusait de se lancer après la mise à niveau.

Automatiser les mises à jour applicatives avec winget : le vrai gagne-temps

Sur Windows, la gestion des mises à jour de logiciels est historiquement un chaos : chaque éditeur a son propre mécanisme, ses pop-ups, ses programmeurs. C'est là que [winget](https://github.com/microsoft/winget-cli) entre en jeu. C'est le gestionnaire de paquets intégré à Windows 10 et 11, disponible en ligne de commande.

Automatiser les mises à jour applicatives avec winget : le vrai gagne-temps

Ma routine, que j'exécute au moins une fois par semaine :

winget upgrade --include-unknown

Cette commande met à jour tous les logiciels installés via winget, y compris ceux qui ne se mettent pas à jour automatiquement. Pour lister ce qui est obsolète, une simple commande :

winget upgrade

Et pour les machines de clients, je programme une tâche planifiée qui exécute cette commande en arrière-plan. Mais attention : ne lancez jamais la mise à jour de tous les logiciels en même temps sans réflexion. Certaines applications (comme les pilotes graphiques ou les outils de développement) peuvent nécessiter un redémarrage ou casser des dépendances.

UniGetUI, Patch My PC : quand la ligne de commande ne suffit pas

Franchement, tout le monde n'aime pas le terminal. Et c'est légitime. C'est là que des outils comme [UniGetUI](https://www.marticliment.com/unigetui/) (anciennement WingetUI) ou [Patch My PC](https://patchmypc.com/) prennent tout leur sens. Ils offrent une interface graphique pour voir quelles mises à jour sont disponibles, sélectionner celles que vous voulez appliquer, et les lancer en un clic.

Mon avis, sans détour : Patch My PC est excellent pour les mises à jour de logiciels grand public (lecteurs, navigateurs, outils Adobe). Il détecte plus de 300 applications. UniGetUI, lui, est plus puissant car il s'appuie sur winget, Chocolatey et Scoop en même temps. C'est mon choix pour les machines de développeurs.

Spoiler : aucun de ces outils ne sauvegarde vos données. Ils accélèrent le processus, mais la responsabilité de la sauvegarde vous revient toujours.

Le piège des applications à données locales : jeux vidéo, comptabilité, bases de projet

C'est l'angle que tout le monde ignore, et pourtant c'est là que se produisent les pertes de données les plus douloureuses. Je parle des logiciels qui stockent leurs données en local, sans aucune synchronisation cloud. Trois exemples concrets :

  1. Les jeux vidéo : beaucoup de jeux sauvegardent dans `Documents/PastilleDeJeu` ou `AppData/Local`. Si le jeu se met à jour et que la sauvegarde est dans un format incompatible, vous pouvez perdre des centaines d'heures de progression. Sur certains jeux, une simple mise à jour a changé le format de sauvegarde, rendant les anciennes sauvegardes illisibles.
  2. Les logiciels de comptabilité : les versions locales de logiciels comme Sage ou EBP stockent la base de données directement sur le disque. Si vous ne faites pas l'export de sauvegarde intégré au logiciel avant la mise à jour, vous êtes à la merci d'un bug.
  3. Les outils de développement : les bases de données locales (MySQL, PostgreSQL, MongoDB), les fichiers Docker Compose, les volumes Docker. Une mise à jour de Docker Desktop ou de MySQL peut rendre vos volumes incompatibles.

Ma règle d'or pour ces logiciels : vérifiez si l'éditeur propose une fonction d'export ou de sauvegarde intégrée. Si oui, utilisez-la systématiquement avant une mise à jour. Si non, copiez manuellement le dossier de données vers un autre disque.

J'ai appris ça à mes dépens en 2023 : une mise à jour de Docker Desktop sur ma machine de dev a corrompu un volume de base de données. Heureusement, j'avais un dump SQL de la veille. Depuis, j'ai automatisé les dumps quotidiens. Une leçon à 3 heures de reconstitution de données.

Où télécharger ses mises à jour gratuitement et sans risque ?

La question revient constamment : « Je ne veux pas payer pour mettre à jour mon PC ». Bonne nouvelle : les mises à jour Windows et macOS sont gratuites. Et pour les logiciels, il existe une règle simple : téléchargez uniquement depuis le site officiel de l'éditeur.

Où télécharger ses mises à jour gratuitement et sans risque ?

Un problème que je rencontre chez mes clients : ils Googlent « mise à jour logiciel gratuit », cliquent sur le premier lien sponsorisé, et se retrouvent avec un installeur contenant des adwares. La méthode fiable :

  • Pour Windows : utilisez Microsoft Store pour les applications UWP, ou winget pour les logiciels classiques.
  • Pour macOS : le Mac App Store pour les applications signées, ou les sites officiels des éditeurs (attention : les logiciels non signés par Apple peuvent être bloqués par Gatekeeper).
  • Pour les mises à jour système : Windows Update (paramètres > Windows Update) et l'App Store sur Mac.

Si un site vous propose une « version mise à jour gratuite » d'un logiciel commercial normalement payant, fuyez. C'est un piège.

Et sur macOS ? Time Machine et ses pièges

macOS est souvent considéré comme plus simple, et c'est vrai. Mais Time Machine a un défaut que je découvre trop souvent chez les utilisateurs : il sauvegarde tout sauf ce qui compte le plus, c'est-à-dire les fichiers stockés uniquement dans le cloud (iCloud Drive) sans copie locale.

Avant une mise à jour majeure de macOS (par exemple, passer de Sonoma à Sequoia, ou une version plus récente en 2026), ma procédure :

  1. Vérifiez que Time Machine a effectué une sauvegarde récente : cliquez sur l'icône Time Machine dans la barre de menus, puis « Entrer dans Time Machine ». Si la sauvegarde date de plus de 24 h, forcez une sauvegarde manuelle.
  2. Vérifiez que vos fichiers iCloud sont bien téléchargés localement : dans les réglages iCloud, désactivez « Optimiser le stockage Mac » temporairement. Sinon, certains fichiers ne sont que des alias cloud.
  3. Faites un export des mots de passe et des comptes : le trousseau iCloud est généralement synchronisé, mais par sécurité, exportez vos comptes mail et vos favoris.

Le piège ultime de Time Machine : il ne sauvegarde pas les fichiers de la corbeille ni les fichiers verrouillés. Je recommande donc de toujours avoir une copie manuelle des dossiers de travail sur un disque externe, en plus de Time Machine.

Que faire si la mise à jour échoue et que des données semblent perdues ?

Vous avez sauté la sauvegarde, la mise à jour a planté, et maintenant votre logiciel ne démarre plus ou vos fichiers semblent avoir disparu. Respirez. Voici le protocole que j'applique, dans l'ordre, et qui résout 90 % des situations :

  1. Vérifiez l'emplacement des fichiers. Après une mise à jour majeure, certains dossiers peuvent être déplacés. Sur Windows, le dossier `Windows.old` contient l'ancienne installation. Vos fichiers n'ont pas disparu : ils sont peut-être dans `C:\Windows.old\Users\VotreNom`.
  2. Restaurez la version précédente du système. Sur Windows, allez dans Paramètres > Système > Récupération > « Revenir à la version précédente de Windows ». Ceci est possible pendant 10 jours après la mise à jour. Sur macOS, redémarrez et maintenez Cmd+R pour accéder à la récupération.
  3. Faites un rollback du pilote ou du logiciel problématique. Dans le Gestionnaire de périphériques (Windows), cliquez avec le bouton droit sur le périphérique, propriétés, onglet Pilote, puis « Restaurer le pilote ».
  4. Utilisez les outils de réparation applicative. Beaucoup de logiciels (suite Office, outils Adobe, certaines applications métiers) ont une fonction « Réparer » dans leurs paramètres ou leur installeur. Cela restaure les fichiers de configuration sans toucher à vos données.

Si aucune de ces étapes ne fonctionne, dernière ligne de défense : les outils de récupération de données comme Recuva (Windows) ou Disk Drill (macOS). Ils peuvent récupérer des fichiers supprimés à condition que vous n'ayez pas écrit de nouvelles données sur le disque depuis la perte. Dans ce cas, éteignez l'ordinateur et démontez le disque pour le brancher en externe sur une autre machine.

Vérifier la compatibilité des logiciels métiers avant toute mise à jour

C'est le point que je veux marteler : une mise à jour de Windows ou de macOS peut rendre votre logiciel métier inutilisable. C'est arrivé à un client, un cabinet comptable : ils ont accepté la mise à jour Windows 11 sans vérifier, et leur logiciel de gestion de paie refusait de se lancer. Résultat : deux jours de blocage, une intervention en urgence, et une facture salée.

Vérifier la compatibilité des logiciels métiers avant toute mise à jour

Avant toute mise à jour majeure du système, ma check-list :

  • Consultez le site de l'éditeur de votre logiciel métier : recherchez « compatibilité Windows 11 » ou le nom de la version macOS. La plupart des éditeurs publient une matrice de compatibilité.
  • Testez sur une machine non critique : installez la mise à jour sur un PC secondaire ou une machine virtuelle, puis installez votre logiciel métier. Si tout fonctionne, vous pouvez passer à la machine principale.
  • Désactivez les mises à jour automatiques sur les postes qui utilisent des logiciels critiques. Gérez les mises à jour manuellement, à un moment planifié.

Une fois, j'ai négligé cette vérification pour un logiciel de gestion de stock avec une base de données locale. La mise à jour Windows a modifié les permissions sur le dossier de la base, et le logiciel ne pouvait plus écrire. Le temps de diagnostiquer et de réparer les permissions, le client a perdu une journée de saisie. Depuis, je suis intraitable sur ce point.

Le réflexe qui change tout : la sauvegarde n'est pas une option, c'est le préalable

Mettre à jour ses logiciels sans perdre ses données n'est pas une question de chance, ni de compétence technique avancée. C'est une question de méthode. La règle que j'applique désormais sur toutes les machines, les miennes comme celles de mes clients, tient en une phrase : jamais de mise à jour sans une sauvegarde vérifiée.

La sauvegarde ciblée, la vérification de sa lisibilité, la désactivation temporaire des antivirus pour les mises à niveau majeures, l'utilisation de winget pour automatiser le reste, et la vérification de compatibilité des logiciels métiers. Ces cinq réflexes vous prendront au maximum 15 minutes par mise à jour. Et ils vous éviteront des semaines de regrets.

La prochaine fois que Windows ou macOS vous proposera une mise à jour, vous saurez quoi faire. Et si vous me demandez quel est le pire moment pour mettre à jour un ordinateur, je vous répondrai : celui où vous ne l'avez pas préparé.

Adrien Moreau

Adrien Moreau

Adrien Moreau suit l’actualité technologique depuis plus de six ans, couvrant principalement l’évolution des logiciels, les innovations matérielles et le marché des objets connectés. Son travail l’a conduit à analyser les lancements de produits, les mises à jour système et les tendances du secteur, en privilégiant une approche factuelle et accessible.

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